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L'espace In Vitro, rue du Vieux-College, s'ouvre aux oeuvres de Christophe Faber et Christian Oehler. C'est à ces deux artistes peintres que le Service culturel de la Ville de Thionville a donné carte blanche pour animer les Ateliers d'été de cette semaine. Choix raisonné. Christian Oehler n'est plus à présenter dans le Grand Est. Ce peintre autodidacte de quarante-cinq ans trouve actuellement sa voie dans une expression qui joue à la fois sur "le surréalisme et l'abstraction". Il a quelque peu délaissé le figuratif pour mieux plonger dans le theme de l'humain, les questions existentielles, qu'il décline à l'espace In Vitro. L'acrylique, sur une application à plat, un subtil jeu avec une éponge, et des projections renvoient alors à la profondeur de l'espace. |
Un espace artistique exploré différemment par Christophe Faber. Cet artiste demeurant à Aumetz se penche avec bonheursur ses "installations". Il s'agit de tableaux réalisés avec divers objets fort hétéroclites. Faber ne travaille pas pour rien dans l'ancienne quincaillerie de sa grand-mere aujourd'hui transformée en atelier mais qui lui offre à domicile tout le matériel nécessaire : écrous, pinces, rondelles, clous ... Tout y passe sur fond de toile ou transparait un attrait pour l'oeuvre de Miro. "C'est une recherche que je fais ; pour marier les techniques anciennes avec les techniques modernes", précise-t-il. |
Républicain Lorrain 2007
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La grille d'entrée franchie, on pénètre dans l'enceinte du château. Là, devant le corps de logis, l'un des artistes décharge ses toiles. Christian Oehler monte, une à une, chacune de ses oeuvres jusqu'au premier étage, dans le salon. C'est là qu'il exposera. "C'est lumineux. En plus, la pièce est carrée, je vais pouvoir m'organiser ". Le peintre s'approprie les lieux. "j'ai dix-sept toiles à installer". Des toiles qui " parlent des gens. je les mets en scène dans différents paysages, différents univers". Christian Oehler immortalise l'instant. Utilise différents matériaux et textiles qu'il allie à sa peinture. "Je dépeins un moment". S'approprier l'éphémère et habiter les pièces du châteauDevant la cheminée, suspendu au plafond, un globe."C'est quelque chose de ludique qui représente le monde dans lequel je m'exprime." Une oeuvre en papier, fragile et éphémère ; spécialement créée pour l'occasion. "Nous avons demandé, pour la première fois, aux participants de travailler autour d'un thème commun, celui de l'éphémère", indique Christian Rochais, président de l'association A l'ombre du château, organisatrice de Rêves d'artistes (DNA du 13/05/07). |
Résultat, chacun des treize professionnels (*) a laissé libre court à son imagination. Et, " tout en restant proche de son univers", a su s'approprier l'éphémère et habiter les pièces du château. Une demeure qui abritait, autrefois déjà, des tapisseries et de nombreuses peintures. "La peinture comme toute autre activité artistique nous mène dans des endroits hors du commun", assure Christian Oehler. Personnellement, il connaissait ce lieu. "Je suis déjà venu une ou deux fois, notament lors de Rêves d'artistes. Et mon père, qui habite encore ici, venait y jouer quand il était petit." Entre deux va-et-vient," le silence", "la ligue" ou encore "le monde pour un sourd" (ses toiles) sortent des cartons. La disposition est pour l'instant temporaire, des ajustements restent à faire. "Là, c'est difficile d'imaginer le résultat. D'autant qu'il y aura une ambiance sonore composée par Lucien Bauer de Thanvillé. " Tout un univers à découvrir dès demain. Véronique Kuhn (*) Outre Christian Oehler, vous pourrez découvrir les oeuvres de Julien Pleis, Anne-Catherine Soraru, Catherine Arnaud, Anne Lombardi, Louis Danicher, Jean-Louis Boucher, Marie-Paule Antoine, Sébastien Kuntz, François Heitzmann, Dan Steffan, Nadine Untereiner et Marine Pierre. |
DNA juin 2007
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"Des paysages, des visages, les gens en voient tous les jours. Moi, je leur propose autre chose." Assis devant son chevalet, Christian Oehler vient de créer du bout de son pinceau une planète que seule habite une Eve. Plus que des tableaux, l'homme peint ainsi des idées. De grandes idées qui donnent de belles toiles. "Je n'ai rien contre les bouquets de fleurs ou les petites maisons, ni le figuratif en général, se justifie-t-il. Mais je préfère peindre ma réflexion." Isolement, course contre le temps, difficulté des rapports humains et fragilité de nos sentiments sont ainsi certains des éléments de base de sa palette. Dans sa maison de Saint-Nicolas-en-Forêt, cet autodidacte de la peinture travaille au grand jour, la seule lumière qui lui convienne. "Question de respect des couleurs." Avec Lili le chat à ses côtés, Christian Oehler pose un CD sur la platine, la musique démarre et son travail avec. D'abord viendra le fond du tableau. " C'est drôle parce que la plupart du temps, les spectateurs sont partagés entre savoir s'il s'agit de l'espace ou d'un fond sous-marin.", se plait-il à souligner. Ensuite le controleur SNCF suit sa voie. Voie intérieure, tourmentée parfois mais toujours porteuse de questionnements sur notre humanité. " Et quand je suis là-dedans, je suis difficilement accessible pour l'extérieur, témoigne le créateur de 43 ans. Alors, je m'organise pour n'avoir que ça à faire, en mettant de côté, pour un temps, la famille ou mon groupe de musicien (les "Sans soucis"). " Quand les tubes d'acrylique ne suffisent plus à traduire ses émotions, le peintre pioche alors dans divers matériaux. Sciure, bouts de ficelle ou morceaux de tissus viennent ainsi faire corps avec sa peinture. Avec méthode souvent, au gré du hasard parfois aussi. "Car je trouve important qu'une toile ait un certain volume, un relief en plus de la profondeur de la réflexion. " A y regarder de plus près, les doigts sont d'ailleurs vite tentés de caresser ce qui fait l'épaisseur de ses tableaux oniriques. |
A voir, à toucher, à penser : cela fait finalement beaucoup. Mais c'est bien là le triple but des tableaux naissant dans le salon du 99, boulevard des Vosges. Pour y arriver, le peintre sait prendre son temps. réorganiser les tâches de lumières, peaufiner un détail, revoir son message sont autant d'étapes fréquentes dans son travail. "Finalement, le problème reste de savoir quand s'arrêter! " Après un an passé sans exposer, Christian Oehler a décidé de sortir de sa maison-atelier pour présenter ses travaux. Comme il l'avait fait pour la première fois à Terville, en 1989. "Sans crainte du regard des autres, affirme-t-il avant de rejoindre la salle "Sous les toits" de Knutange. Je ne fais pas dans l'art formaté donc j'admets que l'on puisse ne pas aimer. Ce ne serait pas un progrès que de vouloir plaire à tout le monde ; ce serait perdre mon âme même..." Cet esprit, le nicoforestier l'a puisé auprès des surréalistes qu'il cite volontiers comme Tanguy, Ernst ou Delvaux. L'abstraction de sa peinture, il la revendique plutôt du côté de Salvador Dali, des travaux de Pollock et Tapies. "Mais contrairement à ce que beaucoup de personnes croient je ne suis pas du tout dans le trio science-fiction, insiste le peinte. Je suis plus dans l'utopie mais pas dans une forme d'anticipation." Décollage vers cet univers ce vendredi, soyez du voyage. Patrick Jacquemot. |
Le Républicain Lorrain 10.02.2006